Le bonheur: la quête d’une vie!

a-la-rech-du-bonheur-la-pense-positive1Le bonheur est le degré selon lequel une personne évalue positivement la qualité de sa vie dans son ensemble. Nous cheminons vers le bonheur lorsque nous croyons faire suffisamment de progrès vers la réalisation de ce qui nous tient à cœur. J’aime bien cette suggestion qui inclue une évaluation subjective de ce qui peut être suffisant, la notion de mouvement, et implicitement la constatation qu’il nous faudra une direction, un but, un engagement vers quelque chose qui nous permettra d’évaluer la direction que prend notre vie. Les spécialistes  suggèrent que nous ne puissions faire du bonheur le but de notre vie: il est un effet secondaire d’une bonne utilisation de nos capacités naturelles et de tendre vers autre chose que notre simple bien-être.

Blondin (1983) cite un pharaon égyptien qui définit le secret du bonheur sous forme d’une métaphore: marcher dans la nature à la rencontre de nos tendresses. Ici encore, cette notion de mouvement, dans un contexte naturel, vers ce qui nous tient à cœur.

Les gens heureux se caractérisent par leur estime d’eux-mêmes, leur croyance au contrôle sur leur vie, leur optimisme, leur foi religieuse et leur engagement. Les individus appartenant à des groupes désavantagés maintiennent leur estime d’eux-mêmes en valorisant les choses dans lesquelles ils excellent, en faisant des comparaisons à l’intérieur de leur propre groupe et en attribuant leurs problèmes à des causes externes ou aux préjugés.

La richesse est comme la santé: son absence engendre la misère; sa possession ne garantit pas le bonheur. Le bonheur est subjectif. Les facteurs objectifs ou les indices sociaux du bonheur, dont l’âge, le sexe, l’ethnie, la religion, l’éducation, le revenu et l’emploi n’expliquent que 3% à 5% de la variance des mesures de bonheur. Cet énoncé est exact en ce qui a trait au revenu pourvu qu’il permette de combler les besoins de subsistance. En effet, point de bonheur possible quand les besoins primaires de subsistance ne sont pas comblés.

Même les gens heureux se plaignent. La moitié des sujets qui disent qu’ils sont satisfaits de leur vie dans son ensemble déclare également des inquiétudes variées. Bonheur et plaintes ne s’excluent pas mutuellement. On peut être conscient de manques sérieux. Les deux découlent d’une réflexion sur la vie. C’est seulement à travers la prise de conscience réaliste des douleurs et des dangers que l’on fait face efficacement aux problèmes de la vie. Les personnes qui souffrent de difficultés récurrentes ou chroniques ont besoin qu’on les aide à composer avec ce qu’ils sont, et à faire le deuil d’un certain type de bonheur et d’un certain type de cheminement.

Nous nous inspirerons du magazine  Fordyce de 1997 ( revue Québécoise de psychologie) pour réviser 14 points importants à cultiver dans notre éducation continue au bonheur. Rappelons-nous que nous sommes tous des étudiants à l’école du bonheur.

1. Soyez plus actif et demeurez occupé.

Les activités les plus efficaces dans la quête du bonheur sont ceux qui permettent de s’y absorbés, qui sont agréables, significatifs, sociaux, variés et/ou nouveaux et valorisants. Cela vaut la peine d’explorer plusieurs activités afin d’en avoir un éventail à choisir une fois rendu à un âge avancé.

  2. Passez plus de temps à socialiser.

La télévision ne peut pas satisfaire notre besoin de contacts avec un autre humain. Nous avons besoin de voir un visage d’être humain qui nous regarde, nous donne tout son attention et reconnaît notre présence. Cela vaut la peine de se faire un réseau d’amis qui seront encore là au moment où on en aura besoin.

 3. Soyez productif dans une activité significative.

Produire quelque chose de significatif ne signifie pas nécessairement qu’il faille le faire dans le cadre d’un travail. Pensons à toutes les formes de bénévolat, de services que l’on rend aux gens importants de son entourage. C’est là que prend tout son importance dans la qualité du lien avec les petits enfants à qui on peut faire du bien.

 4. Organisez-vous.

Que d’énergie de perdue dans le chaos ! Et il faut mettre une quantité phénoménale d’énergie pour s’y retrouver avant même de se mettre en mouvement. En planifiant à l’avance, en conservant un certain ordre dans notre vie, il est plus facile de prioriser et de fragmenter.

 5. Arrêtez de vous tracasser.

Facile à dire. On peut constater qu’il nous arrive de perdre notre temps à nous torturer en remâchant des événements du passé sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir ou à anticiper des catastrophes qui ont peu de chances de se produire, même si on se forçait à les vivre 50 fois en imagination. Que d’énergie de perdu ! Lorsqu’on est jeune et débordant d’énergie, c’est sans grande importance. Lorsque l’énergie se fait plus rare, on peut renoncer à se tracasser pour conserver notre énergie pour ce qui est prioritaire et efficace.

 6. Ajustez bien vos attentes et vos aspirations.

Je ne serai jamais danseur de ballet ou chanteur d’opéra. Même si je le voulais beaucoup. Ce n’est pas vrai que si on veut on peut. Il faut donc réviser ses attentes et cesser de se demander l’impossible. Désirons l’accessible. Nous serons plus efficaces et plus souvent satisfaits.

 7. Développez une pensée positive et optimiste.

Cela ne veut pas dire excessivement optimiste. La souffrance et l’injustice existent. Il s’agit plutôt de se concentrer sur le mode de pensée qui a le plus de chance d’être efficace. L’anticipation du chemin qui peut nous amener vers notre but est plus féconde que l’anticipation paralysante de toutes les catastrophes qui peuvent se produire. Évitons d’obséder sur le verre d’eau à moitié vide. L’important, c’est qu’il y a de l’eau et que j’ai soif. Je peux donc satisfaire mon besoin sans perdre d’énergie à ruminer sur ce qui me manque.

 8. Soyez orienté vers le présent.

Une bonne façon de s’entraîner à sortir des ruminations du passé ou de l’anticipation craintive: se concentrer sur la satisfaction présente de nos besoins. Le plaisir d’une chaise confortable. Le bruit des oiseaux par la fenêtre. Les sensations de la marche en plein air. Le vent sur la peau. Les sensations de la nourriture que l’on aime. Le sourire de notre voisin de chambre. La lumière dans l’œil de la personne qui nous compte une histoire intéressante. Soyez là. Habitez votre vie. Maintenant.

9. Développez une relation positive avec vous-même.

Certaines personnes se traitent comme si elles étaient leur pire ennemi. Elles se disent des cochonneries. Traitez-vous comme un bon ami. Intéressez-vous à vos goûts, à vos intérêts, à vos besoins. Amenez-vous à des endroits agréables. Dites-vous des choses encourageantes. Vous êtes la seule personne avec qui vous êtes certain de passer le reste de votre vie.

 10. Développez une personnalité engageante. 

La meilleure façon d’avoir des amis, c’est d’en être un soi-même. Développez vos habiletés amicales. Développez l’art de commencer et de maintenir des conversations. Prenez des petits risques. Saluez les gens. Regardez-les. Intéressez-vous aux autres. Ils vous le rendront.

11. Soyez vous-mêmes.

La séduction ne mène pas au bonheur. Présentez une image fausse de vous-même parce que vous vous imaginez que c’est ce que les autres désirent vous piège. Vous serez obligé de fuir avant qu’ils découvrent qui vous êtes vraiment. Il vaut mieux mettre en évidence le meilleur de soi.

 

12. Allez chercher de l’aide au besoin.

Il faut parfois avoir l’humilité de consulter des professionnels. Quand consulter? Votre processus de changement personnel est inefficace. Vous êtes aux prises avec un problème à long terme. Vous êtes aux prises avec des problèmes qui reviennent sans cesse. Vous avez fait de son mieux pour changer. Vous avez essayé d’apprendre de vos efforts. Vous considérez le problème comme assez important pour rechercher de l’aide. Vous utilisez des stratégies inefficaces, telles que la pensée magique ou l’auto-accusation. Vous n’avez pas dans votre entourage de relations aidantes.

La lecture de ce texte ne devrait-elle pas suffire à régler tous vos problèmes? Instantanément? Pour l’éternité? Et non… Les lectures ne suffisent pas parce que le lecteur ne réussit pas toujours à les comprendre, à les appliquer ou à persévérer dans leur application.

 13. Développez vos relations intimes.

Les relations intimes sont la première source de bonheur. Sur son lit de mort, qui demande une dernière fois à voir son compte en banque? La maladie et la mort nous confrontent aux valeurs essentielles de la vie, qui sont souvent les valeurs du cœur. Cultiver ses relations intimes nous aide à mieux affronter les grands changements de la vie, les pertes et les maladies. La plupart des gens recherchent des interactions fréquentes et non conflictuelles dans un contexte relationnel marqué par l’échange et le support mutuel.

14. Valorisez le bonheur.

Vous n’aurez pas instantanément et sans effort la satisfaction complète de tous vos besoins. Mais vous pouvez, à chaque fois que l’occasion se présente, choisir l’option qui a le plus de chance de vous apporter une plus grande satisfaction dans la vie. Vous le méritez.

Texte de  par Bruno Fortin, psychologue

 

Références

Blondin, R. (1983). Le bonheur possible. Montréal: Les éditions de l’Homme.

Boucher, Francine (1998). Bonheur, psychopathologie et psychothérapie. Psychologie Québec, 15 (2), 17-19.

Dubé, L., Kairouz, S. et Jodoin, M. (1997). L’engagement: un gage de bonheur. Revue québécoise de psychologie, vol 18(2), p. 211-237.

Fordyce, M. W. (1997). Éducation au bonheur. Revue québécoise de psychologie, vol 18(2), p. 239-252..

Fortin, B. (2000). Côtoyer la souffrance des personnes âgées. Montréal: Fides.

Lazarus, R. S. et Lazarus, B. N. (1994). Passion & Reason. New York: Oxford University Press

 

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